Emotions 2008 épreuves numériques







Parcs et végétaux 1994 - 1996 tirages argentiques






Portraits 1993 - 1996 tirages argentiques













Tirage numérique sur papier sans acide 2007







1997

Gomme bichromatée en quadri chromie sur papier Arches

1997


Gomme bichromatée sur papier canson

1997


Gomme bichromatée sur carton

1997

gomme bichromatée sur papier canson

1997

Gomme bichromatée sur papier Arches

1997

Gomme bichromatée sur papier Arches

1997

Gomme bichromatée sur papier Arches
Gélatine argentique sur papier Arches 85 x 105 cm
Gélatine argentique sur papier Arches 85 x 105
Gélatine argentique et charcoal 85 x 100 cm

HiP HoP 1999

gélatine argentique sur papier Arches 85 x 100 cm

Offert 1998

Technique mixte, gélatine argentique sur papier Arches 68 X 75 cm

Cri - 1998

Technique mixte, gélatine argentique sur papier Arches: 68 X 85 cm

Autoportrait IV 1999


Technique mixte, gélatine argentique sur papier Arches: 85 X 105 cm

Fin Grillage 1999

Gélatine argentique et technique mixte sur Papier Arches 85 X 105

Distrait de solitude texte de Valérie Clo


Derrière un fin grillage, une forme évanescente m’interpelle.
Le regard flottant, je m’approche lentement, inexorablement attirée.
Alors plus délicatement qu’une caresse, se détache dans la masse sombre, le corps lové d’une femme nue; voluptueuse et fascinante.
Insaisissable derrière son fin rempart, elle n’en finit plus de m’envahir. Je m’approche encore, et là, sous mes propres mains, je perçois le velouté de sa peau, l’onctuosité de ses formes ramassées. Presque imperceptible, son parfum léger m’ouvre doucement la poitrine. Je savoure ses effluves sucrées, l’odeur ronde du musc et du jasmin. Dans la bouche, j’ai le goût du lait, du miel, des douceurs de l’été. J’entends le murmure de sa langueur, de sa liberté. De son implacable beauté, capturée dans le grain de papier.
Comme le souvenir fugace d’un instant magique, les photos de Germain Bouleau sillonnent l’esprit et ouvrent les sens. Elles accrochent le regard et conduisent au bord du rêve, là où l’illusion se mêle merveilleusement à l’imaginaire.
Des toiles en noir et blanc où la photographie n’est plus le simple reflet aux contours nets, du monde qui nous entoure, mais devient un glissement vers la création pure. Vers la poésie.
Des toiles pleines de vie où le passé se mélange au présent aussi justement que la lumière inonde ça et là l’obscurité, où le grain du papier épouse si parfaitement le mouvement des courbes, qu’il se dégage une impression de douceur et d’harmonie.
Une envie irrépressible me prend : toucher, palper, attraper cette douceur qui s’échappe par petites bouffées, la bercer un moment au creux de ma paume.
Que ce soit un danseur de hip hop dans son élan, le portrait d’un homme à l’élégance énigmatique et surannée, ou la beauté d’une femme nue, on retrouve le même plaisir du mouvement, la même force sensuelle. Partout à travers les différents tableaux, on sent battre l’énergie, le bouillonnement de Germain Bouleau Son goût de l’image arrêtée ; généreuse et vivante.
Est-ce là le besoin de saisir le moment sublime ?
Le désir de retenir à soi, en soi une émotion trop vive ?
ou encore, le moyen d’apprivoiser ses peurs, ses fantasmes en les piégeant ainsi que dans la toile. Miroir sublimé de la réalité.
N’est-ce pas précisément, la grande liberté des artistes que de pouvoir réécrire la réalité ? L’exalter ?
Quand on lui dit que ses toiles sont belles et qu’elles donnent envie de toucher et pas seulement avec les yeux, il sourit, et l’on saisit dans son regard le réel plaisir de faire partager son travail.
Comme de douces volutes, ses photographies dansent longtemps dans la tête et deviennent peu à peu le reflet délicat de nos souvenirs, de nos rêves revisités.
Une jolie leçon d’harmonie et de liberté.
Valérie CLO.